Balade de 168km pour découvrir la Croatie

Pourquoi la Croatie ? Eh bien, il se trouve que c'est parfois le meilleur chemin pour arriver à Chamonix ! Enfin, quand on s'intéresse à l'ultra-trail, et qu'on veut faire l'UTMB. Et je pensais que c'était à portée d'avion de Montpellier... Finalement, pour atteindre la ligne de départ, il m'a fallu prendre l'avion pour Paris, puis pour Zagreb, et enfin louer une voiture pour atteindre l'Istrie. J'ai pris un peu de marge pour anticiper les imprévus, découvrir le terrain avant la course, et, quand même, faire un peu de tourisme. Le trail, c'est quand même avant tout du voyage, de la découverte, et même des rencontres !

J'ai récupéré Jamin à Paris. On a découvert Zagreb, Umag et le littoral ensemble. Et il m'a accompagné au départ de la course, avant de partir de son côté pour une autre course à Rennes... On a dégusté, ou plutôt on s'est rassasiés dans les restaurants avec les spécialités locales : les gens ici mangent des strukli. Ce sont des pâtes genre lasagnes, sans légumes mais avec du fromage local, et gratiné. A défaut d'être fin, on n'a plus faim après ! Globalement les Croates mangent beaucoup de fromage, de chèvre ou brebis. En bord de mer, on trouve quand même du poisson frais, et des poêlées de légumes. Et plein de pizzas, on n'est pas loin de l'Italie. Ils ont une eau-de-vie locale : la rakija. Et des vins et bières du coin, comme partout.

Il y a beaucoup de travaux à travers le pays, et beaucoup de bâtiments fermés (notamment de musées) à Zagreb. Et il y a vraiment de tout en musée, à Zagreb : musée du chocolat, du cannabis, des années 80, des amours brisées, du selfie...

Le départ approche. Je ferme mon sac de trail. Il se déchire. Ce n'est pas la première fois, il est vieux, c'est sa dernière course. Il a quelques trous, mais qui ne gênent pas. Mais là, il vient de se déchirer au bord de la fermeture principale. Je bricole pour ne pas perdre toutes mes affaires.
Je mets mes lunettes avant le départ. Elles bougent. Je regarde. Il manque une vis. Je les range, je réparerai plus tard. Tout tombe en ruine.

Je suis parti comme une flèche. J'ai battu mon record au passage du 35é kilomètre : moins de 4h ! Seul problème : il me reste encore 133km à parcourir, et j'ai déjà les jambes lourdes et mal aux pieds. Ça me suivra toute la course, que je poursuis sur un rythme plus raisonnable. La météo est variée : neige la première nuit, puis brouillard, pluie la seconde nuit, et du soleil à midi pour avoir quelques coups de soleil ! On a fait le tour des villages perchés. Au bord de mer, à l'aplomb du littoral, avec vue sur les îles et les lumières des villes au loin, dans les terres, au sommet des collines, sur les lignes de crête... Labin, Buzet, Motovun, Oprtalj, Brtonigla, autant de petites cités avec des maisons anciennes, un campanile, un reste de forteresse, un zeste de rues pavées, et un panorama exceptionnel sur les vallons alentours.

A l'arrivée, mes chaussures ont 1kg de boue. Mes chaussettes sont mortes. Deux ultra-trails, et elles me lâchent ! Il y a buffet à volonté à l'hôtel, et SPA pour récupérer.

Bonnes nuits,

Fabs


Bref...
... le tri sélectif n'est pas répandu en Croatie.
... à l'arrivée, mes orteils ressemblent à de petites saucisses pas fraîches.
... tu sais que tu as fait un ultra-trail quand le jeudi tu te moques des gens qui prennent l'ascenseur pour aller au 5é étage, et le dimanche tu le prends pour aller au 1er.
... pour prendre le bus, il y a des bus, mais les informations sont au compte-goutte. On me fait payer une consigne pour déposer mon sac, mais personne ne me demande si j'ai bien un ticket !
- les Croates parlent anglais, pour les touristes (le tourisme représente 25% du PIB), en Istrie ils parlent aussi Italien, parce que c'était l'Italie du temps de leurs grands-parents, et à l'hôtel ils parlent Allemand, parce qu'il y a beaucoup d'Allemands qui viennent.
- je dis bonjour en croate à un restaurateur, je lui parle en anglais. Il y a un Italien qui passe. Finalement, on parle en italien.
... c'est le pays des tartuffes ! Pardon, des truffes. Il semblerait que les plus réputées viennent du bord du lac Garlic (ce qui signifie "aïl" en anglais).
- les magasins de bonbons sont très répandus, et ce ne sont pas des petites boutiques. En général, on trouve un Jack Sparrow qui propose un "trésor" composé de kilos de confiseries plus colorées et plus grandes les unes que les autres.
... les noms croates sont parfois curieux. Ils n'ont pas peur d'enchainer les consonnes, et de laisser les voyelles de côté.

Entendu : 
- "T'as vu ? Il a neigé, c'est chouette ! - Ben, non, c'est pas chouette, la neige, quand on court sur des rochers !"
- "Bonjour, vous avez du thé ? - Nous ne sommes pas un restaurant. - ? Oui. Vous avez du thé ? - Nous sommes un café, pas un restaurant. Nous avons des croissants, des tartes, des petits gâteaux... - Et pas de thé ? - Non. - Vous avez du café ? - Oui. "
  
  
Zagreb, les rues conviviales du centre, avec restaurants et bars.
 
Zagreb, les parcs et monuments. 

L'arche de départ, à Labin.
 
Le départ, petites montagnes et vus sur la mer, et les îles.
 
L'arrivée, Umag.
 
Les Croates font des œufs peints pour Pâques, et ils en font beaucoup.
 
Coucou !
 
 C'est moi !
 
 
  Prêt à affronter la course ! 
 
Les villages perchés de Croatie.
 
 Motovun, et autres villages perchés.
  
La bière du réconfort, édition spéciale, après la course.
  
 
 

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