Kayak au pays du sable

Du kayak ? Dans le désert ? Allez, pourquoi pas !
Et c'est parti pour les montagnes isolées, les vagues indomptées et le vent des sables qui fouette le visage : bienvenue en Oman !

On passe par Dubaï pour accéder à la péninsule du Musandam, où est prévu le périple. Dubaï, c'était le désert il y a 40 ans, et, grâce au pétrole, le désert a explosé : des tours sont sorties du sable (dans les années 90, la moitié des grues de la planète étaient dans l'Emirat), et il y a besoin de plein de main-d'œuvre : ouvriers du sud de l'Asie, ingénieurs occidentaux affluent... du coup, il n'y a que 15% d'Emiratis parmi les gens qui vivent aux Emirats. Et 75% d'hommes dans la population... à croire que les femmes ne veulent pas venir !
Oman est moins riche que son voisin, mais le pétrole leur a quand même permis de développer leurs infrastructures (il n'y avait que 3 écoles et un petit hôpital pour tout le pays en 1970) et d'accéder au confort (vive les 4x4 !).

Le Dieu local a sans doute voulu que nous ne soyons pas trop dépaysés (on était au moins 4 Bretons dans le groupe), et il a pourvu à l'humidité : il paraît qu'il n'a pas plu autant dans la région depuis au moins 5 ans !

  • Premier jour de voyage : arrivée à Dubaï, et transfert en Oman. Jusque là tout va bien. Et, j'ai même eu de la chance : Orly a été évacué et tous les vols annulés à cause d'un attentat. A Roissy, tout roule.
  • Jour 2 : nous sommes deux Fabrice dans le groupe. Comment nous distinguer ? Les autres cherchent des surnoms : "Fab", "Breton", "Mr Bouffe", "Biquet", "Georges kiné"... c'est finalement "Bourriquet" qui restera pour moi. Sinon, repos, piscine, initiation au kayak et pique-nique sous l'orage. On a pu squatter des tentes tout confort, abandonnées par des touristes qui ont eu peur de quelques gouttes de pluie.
  • Jour 3 : j'imaginais les bords du désert calmes. On a eu du vent, de la houle et du courant ! On a dû changer d'itinéraire. C'est chouette, ça fait un peu de sport et une pincée d'aventure ! Le soir, on a été quelques-uns à essayer de dormir à la belle étoile. A peine dérangés par le vent et les rafales de sable qui fouettaient nos duvets, on a fini par se réfugier sous tente quand l'orage a éclaté. A quatre par tente bi-place, on a super bien dormi ! Au matin, le visage à peine ouvert, on a cherché les serviettes, shorts, bikini qui trainaient sur la plage. Même les kayaks ont dansé au vent. Résultat : une pagaie cassée ! Devinez à qui elle était...
  • Jours suivants : le soleil met du temps à revenir. Mais, on a quand même croisé quelques poissons-clowns, dauphins, raies, et des bateaux de touristes qui venaient se perdre dans les coraux. Ça aide à oublier que c'est long, de pagayer avec une pagaie cassée... On s'est fait une soirée danse et nage dans le plancton phosphorescent. On n'avait pas une goutte d'alcool, mais il n'y avait pas besoin de ça pour délirer, et voir l'eau s'illuminer quand on l'agitait ! La musique a pulsé jusqu'à 23h. Ça va, il n'y avait pas vraiment de voisins pour râler. Sinon, on s'est fait une journée poésie. C'est sans doute grâce au tact et la délicatesse de la partie masculine du groupe qu'on a instauré cette journée. 
  • Jour 6 : rando jusqu'au sommet de la presqu'île : 888 m de dénivelé. On voit toute la baie, et l'Iran ! Enfin, quand il n'y a pas une brume de chaleur... Au retour, on est fatigués, et on se baigne. Je me baigne peut-être un peu trop, je sors de l'eau avec le crâne ouvert... ah, oui, des vacances sans une petite catastrophe, ce ne sont pas de vraies vacances. Bref, nouvelle coupe de cheveux : j'ai une petite tonsure latérale. Allez, ça va être la mode à Bollywood !
  • Derniers jours : retour à la civilisation. On visite Khasab, où on se rend dans le seul bar qui vend de la bière, puis Dubaï, la ville des contrastes et des excès. Et, ça a été la course pour prendre l'avion : il y avait du surbooking. Mais, tout le monde a réussi à trouver une place. Le temps d'acheter une bouteille de rhum avec mes derniers dirhams, et l'avion était prêt à décoller. 
Bonnes nuits !

Entendu :

"Tu viens de France ? Paris-Saint-Germain ?"
Un vendeur de chèches qui appâte des clients : "J'aime bien la France. Sarkozy."
"Pour savoir où il y a des chemins, c'est facile, il suffit de suivre les chèvres !" ai-je dit ; on m'a fait comprendre que j'étais sans doute moins doué qu'une chèvre...
"Mr Ernoul ? Vous êtes bien Mr Ernoul ?" ont demandé les stewarts quand j'ai approché le bureau d'embarquement. La classe ! J'étais le tout dernier passager à monter.

Bref...

... 6 jours sans téléphone, sans internet, sans commerces et presque sans touristes : ça fait du bien de déconnecter !
... je n'ai rien perdu ! C'est une première ! Mais ma casquette et mes chaussons de kayak sont ruinés.
... je pense que c'est la première fois que je mangeais aussi bien en bivouac.
... on m'a aidé à éteindre un feu en y jetant du petit bois ...
... j'ai chanté "voleur de poule", mais personne ne connaissait "Soviet Suprem". J'ai fait un bide...
... les restaurants ont tous des paquets de mouchoirs sur les tables, qui servent à un peu tout  ;
... à Dubaï, on peut acheter des minis tours Eiffel ;
... au Pérou, on peut faire du surf sur des dunes de sable ; à Dubaï, on fait du ski sur de la vraie neige ;
... on trouve aussi des petites voitures pour se déplacer dans les centres commerciaux.

 
 C'est parti ! On longe les falaises.
 
 On trouve de tout et de drôles de choses sur les plages.
 
 Tout le monde à la tâche, et toujours de bonne humeur !
En chemin, on a aussi croisé quelques Omanais qui nous ont offert des poissons et des crabes.
 
 Le parcours du jour.
 
 La baie, et le parcours du lendemain.
Au milieu, l'île du télégraphe :  
le premier télégraphe, qui reliait Bombay à Londres, passait par là en 1864, 
et les anglais y avaient installé un petit fort.
 
 Combat de biquettes.
 
 Un boutre ;
c'étaient les bateaux de pêche traditionnels,
ce sont désormais les bateaux pour touristes.
 
 Sous l'eau, les poissons colorés, poissons-clowns et sergents-majors.
  
 Kayaks en ligne.
 
 Coucher de soleil...
 
... et lever de soleil, de l'autre côté de la pointe.
  
 Tiens ! Un dauphin qui saute !
(Oui, la mer penche ! C'est pas toujours facile de prendre une photo d'un kayak : ça bouge !)
 
 Devant la lagune, et le sommet de la péninsule.
  
 Quelques roches percées et grottées.
 
 Dernier village pour prendre de l'eau ;
le bateau bleu au fond approvisionne les villages en eau potable, 
c'est lui qui nous ravitaillera, et le capitaine nous a offert un bon tchaï (thé avec un nuage de lait)
 
 Même dans le désert, on peut trouver des portes fermées...
  
 On trouve des mosquées à chaque coin de rue,
et on entend l'appel à la prière de très bonne heure.
 
 Le souk aux épices, dans le vieux Dubaï.
 
 Tout le groupe !
En arrière-plan Dubaï : le vieux port, des constructions en cours, et des immeubles modernes.
 
 La vieille ville
 
Les vieilles rues, avec des tours à vent ;
depuis, le ventilation a été abandonnée au profit de la climatisation, 
beaucoup plus consommatrice en énergie.
  
 Burj Khalifa, la plus haute tour au monde (828 m)
 
L'aquarium du centre commercial...
  
 Et, le diplodocus dans les allées traditionnelles du centre commercial !
 
 

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